Il aura fallu pas mal de négociations et de pressions pour décider le milliardaire français de rendre aux vénitiens la pointe de la Pointe de la Douane et ranger son éphèbe à la grenouille dans un recoin de ses collections. Le réverbère va revenir. C'est officiel et Tramezzinimag s'en réjouit.
..Ce n'est pas qu'elle était laide cette sculpture mais sa présence - et celle d'un vigile grognon - à un endroit stratégique de la ville où tout le monde aimait à se promener le soir, avait bousculé les usages. Pour la première fois, un lieu public, le chemin qui longe les anciens magazzini de la douane, était de fait quasiment privatisé ou du moins offert à l'usage d'un milliardaire arrogant. Les vénitiens n'aiment pas qu'on joue avec leurs traditions et ils n'ont jamais vu d'un très bon œil qu'on piétine les usages. Or ces lieux étaient depuis toujours voués à la passegiatta, enfants, couples d'amoureux, artistes, musiciens ou simples riverains, tous aimaient à se promener le soir face au plus beau panorama de toute la lagune. Combien d'amoureux se sont embrassés là, sous la lumière du réverbère ou à l'ombre des colonnes du bâtiment ? Des pêcheurs s'y installaient dans le journée, des vieilles dames venaient y promener leurs chiens et papoter. La nuit, quand la ville endormie se faisait silencieuse, il y avait toujours un noctambule pour venir là avant de regagner son lit.
..Exit les vigiles aussi, du moins espérons-le. Quelle barbe pour deux amoureux qui veulent être un peu tranquilles, la nuit quand la ville se fait silencieuse et que les touristes dorment enfin, si un sbire méfiant tourne autour d'eux, sous la lumière du lampadaire...
8 commentaires:
La statue de l'enfant au crapaud était- elle allégorique? en tout cas le réverbère est plus élégant et quelle joie pour les toutous vénitiens!
Oups, c'est vrai je n'avais pas pensé aux chiens en rédigeant ce billet !
Je respecte le choix des Vénitiens; c'est en effet à eux de décider. D'autre part, la trop longue exposition d'une oeuvre incite à ne plus la remarquer. Cependant, je l'aime beaucoup, ce "Boy with frog" de Charles Ray, et je la trouvais plus poétique encore à la Pointe de la Douane de mer, dehors. Cette statue d'une grande beauté va me manquer et il ne me plaira pas de la savoir enfermée.
Excellente nouvelle ! Quand le bons sens triomphe sur le mauvais goût, bravo les Venitiens pour votre tenacité !
J'ai le vertige, phobie débile, ce qui fait que je n'ai jamais pu m'approcher trop prêt de la grenouille, ayant l'impression d'être aspirer par les profondeurs de la lagune.... Inexplicable.
Le réverbère me permettra sans doute de m'approcher un peu plus du bord, effet de hauteur qui pourrait parasiter la vue donnant l'impression de la chute ... quoique!
Excellente nouvelle !
Même si la statue de ce garçon à la grenouille est superbe, c'est un bonheur de revoir l'élégant réverbère. Et que va devenir la statue ?
Louise
Tiens c'est curieux, moi aussi il me donnait le vertige le pâlichon. A bien y réfléchir, c'est surtout cette blancheur qui dérangeait devant ces belles pierres polies par le temps. La forme elle-même se défendait plus ou moins, bien que très "image de synthèse" mais bon.... l'air du temps... Bref vive les réverbères aux vitres roses!
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