7 avril 2015

Deux villes où déchirer les fleurs...

Reflets - Venise 1980 © Lorenzo Cittone - Tramezzinimag
Toute comme Istanbul, je porte toujours en moi Venise et je n’ai pas manqué de le rappeler dans l’exergue du roman que j’y avais écrit : "À Istanbul, parce que c’est là que j’ai commencé à écrire. À Venise, parce que j’ai failli y cesser d’écrire." 
Ces mots de l'écrivain turc Nedim Gürsel (auteur des "Turbans de Venise" paru en 2001)* ont une étrange résonance dans mon esprit. Non seulement parce qu'il cite deux des villes qui marquent à tout jamais mon panthéon familial et dont je ressens la force de l'attachement qui les lie à ma famille. L'air de Constantinople comme celui de Venise a été le premier à s'insinuer dans les bronches de tant de membres de ma famille et notre sang en a été imbibé pendant des siècles. Les autres cités du monde, si elles ont laissé leur empreinte n'ont pas marqué notre culture familiale avec autant d'acuité.

Istanbul représente le pays natal de notre famille, le lieu de ses activités dans un passé lointain - du temps encore de Byzance prétendait mon grand-père - celui que l'on quitte par force au moment de la révolution, où la vie qui grouille, gronde, vous emporte vers des rêves de vie et un passé joliment romancé par les femmes de la famille, toutes un peu sorcières, un peu poètes. Une ville envahie par un infini tumulte, défigurée par les temps modernes mais où subsiste encore la trace des miens autour de Galata. Les petits restaurants de poisson de Kandilli ou les soirs d'été aux îles des princes. Venise, c'est l'autre monde, celui d'où on vient, qui nous a donné ce patronyme di Venezia qu'on peut lire dans de très anciens registres, celui où le soleil se couche, la vieille cité inchangée depuis le XVIe siècle, la belle endormie livrée chaque nuit aux spectres et au silence. Deux villes maritimes, l'une traversée par la tranchée bleue du Bosphore, l'autre quadrillée par ses canaux où la vase monte. Et les navires à gros tonnage qui remontent le canal de la Giudecca sont  les mêmes que ceux qui s'avancent aux pieds de Péra et de Cihangir, sur ceux qui les précédèrent, les hommes et les femmes de ma famille, leurs domestiques, leurs marchandises, leurs rêves et leurs aspirations firent souvent le voyage... 

Sentir depuis toujours, avec plus ou moins d'acuité, combien cet orient et cet occident se mêlent dans mon sang et sont constitutifs de ce que je suis aujourd'hui et que je dois transmettre à mon tour avec mes mots... Mais revenons à l'écriture. Comme l'illustre directeur de recherches au CNRS, j'ai failli cesser d'écrire à Venise. Je ne suis pas le seul. J'ai souvent comparé la vie à Venise comme celle qu'on menait autrefois en Afrique. Une qualité de vie unique, la lenteur, l'ennui, la facilité et ce côté matriciel lié là-bas au climat, à Venise à la présence de l'eau, tout concourt à détourner de l'action. Sauf à brûler intérieurement de la nécessité d'exprimer son art et de posséder en soi un projet établi, on perd peu à peu la détermination et le notion du temps. Tout s'estompe et la beauté de la lumière, la douceur de l'air, le rythme de la vie quotidienne ont bien vite raison de nos résolutions. Un "à quoi bon ?" s'insinue dans notre tête et plus rien de ne se construit du livre qu'on sait pourtant porter en soi... 

Mais Venise n'est pas une prison et les bonheurs qu'elle dispense ne sont pas des poisons. Il suffit de s'en éloigner pour se reprendre en main et pouvoir revenir avec une provision de détermination et, à mon époque, de papier ligné, d'encre et de carnets de notes. 

Ce qui m'a sauvé - j'entends déjà les rires ironiques et les sourires gênés - ce sont les chants de Taizé et la musique sacrée de Vivaldi. Mon passage dans la communauté fondée par Frère Roger Schültz sur la belle colline de Taizé en Bourgogne né du plus pur hasard - mais peut-on croire au hasard ? - un livre découvert un soir dans la petite chapelle des sœurs protestantes du Brillac, dans leur joli petit ermitage de Mamré, aujourd'hui disparu où mon groupe d'étudiants passait quelques jours, que je feuilletais. Ces lignes du prieur marquèrent ma vie de jeune homme à tout jamais :
"Depuis ma jeunesse, jamais ne m’a quitté l’intuition qu’une vie de communauté pouvait être un signe que Dieu est amour, et amour seulement. Peu à peu montait en moi la conviction qu’il était essentiel de créer une communauté avec des hommes décidés à donner toute leur vie, et qui cherchent à se comprendre et à se réconcilier toujours : une communauté où la bonté du cœur et la simplicité seraient au centre de tout."
Réconciliation... Quel vocable fondamental. le lien vers cette unité que tout homme à l'aube de sa vie doit chercher à façonner s'il veut servir à quelque chose, dans un monde qui prend un malin plaisir à brouiller les pistes et encense tout ce qui est contraire à cette unité vitale. S'en suivirent de nombreux séjours dans la communauté, et la participation à plusieurs sessions du Concile des jeunes aujourd'hui oublié, qui inspira à Jean-Paul II les Journées Mondiales de la Jeunesse. Paris, Barcelone, Rome, Londres. Nous chantions pendant des heures ces belles litanies, lancinantes oraisons qui nous vidaient de toute impureté, de tout l'encombrant inutile de nos vies. Nous faisions silence aussi. 

Parpaillot de cœur et de formation, je rencontrais l'attrait de la prière et du silence. Cela me sauva de moi-même bien des fois et cela m'aida à survivre à Venise où, loin des miens, loin de ma vie d'avant, je sentais qu'il me fallait bâtir autre chose et travailler à unir toutes ces facettes de moi-même qui s'agitaient dans le plus grand chaos... Ces chants résonnent encore dans mon cœur quand je marche dans les rues de Venise. Il en est de même de certaines pièces musicales de Vivaldi, découvertes à Venise : le Gloria et le Magnificat, le Nisi Dominus avec cet admirable Cum dederit interprété par James Bowman et que personne depuis n'a jamais aussi bien chanté - mis à part la merveilleuse Margaret Zimmermann qui le chanta pour moi un jour d'automne, entre le traghetto et sa jolie maison du campo San Polo. 

Ces musiques m'amenèrent chez les bénédictins de San Giorgio in isola et parfois aux offices de la communauté grecque de l'autre San Giorgio dite aussi San Nicolo dei Greci (du nom de la scuola près de laquelle l'église a été construite par Sante Lombardo), la cathédrale orthodoxe... "Étancher à des sources impollues ma soif de silence, de solitude et de beauté" ai-je noté, lyrique et passionné, dans mon journal, quelques jours après mon installation à Venise. Je ne connaissais pas encore ces jolis vers d'Aragon mais l'intuition qui me guidait en distillait la liqueur dans mon âme :
Celui qui croit pouvoir mesurer le temps avec les saisons
Est un vieillard déjà qui ne sait regarder qu'en arrière
On se perd à ces changements comme la roue et la poussière
Le feuillage à chaque printemps revient nous cacher l'horizon


[...]


Écarquillez vos yeux ne laissez pas perdre cette minute
Je l'entends votre rire au paysage découvert J'entends
Dans votre rire et votre pas l'écho des pas d'antan
Une autre fois la clameur des jeux qui devient le cri des luttes


Une autre fois la possession qui commence Une autre fois
Ce plaisir de l'épaule à l'image du pont passant les fleuves
Cette jubilation de l'effort à raison de l'épreuve
La nuit qui se fait plus profonde à la nouveauté de la voix


Tu ne te reconnais guère au petit matin dans les miroirs
Avant que la vie ait repris descends dans la fraîcheur des rues
Il n'y a plus qu'un peu de brume où tremble un passé disparu
Un vent léger a mis en fuite le dernier journal du soir
N'est-ce pas dans le Roman inachevé d'où sont tirés ces vers, que le jeune Aragon fou amoureux - il tenta de se suicider à Venise - de la belle milliardaire Nancy Cunard, femme de lettres, éditrice (elle publia les Cantos d'Ezra Pound) et anarchiste que mon amie, la regrettée Dachine Rainer avait bien connu et dont elle me parla souvent lors de nos promenades poundiennes, écrivit ces strophes sur Venise ? :
Car nulle part comme à Venise on se sait déchirer les fleurs
Nulle part ne se brise comme à Venise la douleur
Chante la beauté de Venise afin d’y taire tes malheurs
...

* : TraMezziniMag reviendra dans les prochains jours sur cet auteur à l'occasion de la sortie au seuil de son nouvel opus dont le titre et le sujet parlent à votre serviteur.

Souvenirs en vrac (1)

Bordeaux-Venise, train de nuit via Marseille, Vintimille, Milan... Vingt deux heures de voyage. Une expédition. Combien de fois ai-je fait ce trajet dans les deux sens ? Assez souvent pour connaître chaque gare, chacun des paysages traversés. Assez souvent pour devenir familier des contrôleurs et des douaniers... Ainsi, le train restant près d'une heure en gare de Vintimille où était alors la frontière avec la vérification des papiers d'identité et parfois la fouille des bagages, j'avais pris l'habitude de descendre du wagon, laissant mes bagages dans le compartiment et je sortais de la gare pour acheter un journal, du tabac ou des cornetti. J'adorais l'arrivée en Italie. la lumière qui soudain se faisait plus joyeuse, les cloches qui sonnaient la messe du matin... Combien de fois ai-je voyagé seul, les fenêtres grandes ouvertes, fumant des Craven A debout dans le couloir... Il y avait un wagon-restaurant le soir et des vendeurs ambulants la journée... Mon amour des longs voyages, de la lenteur et du train en général vient de ces nombreux allers et retours effectués entre 1978 et 1986... Le direct de nuit Bordeaux-Vintimille-Venise n'existe plus faute de voyageurs...

Une adolescence dévolue à la beauté, à l'esthétique et aux mots. C'est ainsi que je puis qualifier ces années d'avant l'âge adulte où j'eus la chance de pouvoir voyager souvent. Ce fut l'Angleterre d'abord et la découverte d'un art de vivre dont je ne me suis jamais plus lassé. Puis la Grèce et la Turquie. Toujours en train. C'étaient les années glorieuses de la carte Inter-Rail qui permettait aux jeunes gens de voyager dans toute l'Europe pour presque rien. Sac au dos rempli de livres et de carnets, nous partions faire le Grand Tour nous aussi. Avec moins de moyens que nos prédécesseurs mais avec autant d'enthousiasme. Il fallait traverser le rideau de fer virtuel qui nous séparait de l'Europe centrale. Le passage de la frontière yougoslave ou bulgare nous donnait mille frayeurs. les miradors, les soldats avec les chiens au petit matin, les barbelés le long des voies aux postes-frontières... Nous étions farouchement anti-communistes, jeunes bourgeois aisés, trop raffinés pour être sensibles à cette mythologie nouvelle qui semblait devoir durer mille ans. Mais l'objectif de nos voyages c'était la Grèce... Le berceau de notre civilisation. La découverte des lieux dont nous avions rêvé : Mycène, Olympie, Sparte, Delphes, Epidaure, Athènes... Puis les îles, Rhodes (ah ! les plages désertes aux pieds de l'acropole de Lindos...), Samos... Et enfin la Turquie, Constantinople, Smyrne, Ephèse... Sur les pas de nos héros, de Ulysse à Saint Paul... Et toujours la recherche esthétique, le goût pour la beauté. Celle de la nature, celle des êtres, l'art, les vestiges du passé... Une éducation du goût et des sentiments. Nous dessinions, nous prenions des notes. Ivres d'une liberté nouvelle, séduits par la lumière, grisés par mille rencontres improbables, nous pensions être des génies parce que nos enthousiasmes produisaient parfois quelques jolies phrases ou de charmants croquis. Et puis, pour moi, il y eut Venise, comme un destin. Ma passion pour elle coulait dans mes veines et je ne l'avais su que très tard, après m'y être arrêté au retour d'un énième voyage en Grèce. J'avais trouvé mon Ithaque et dans Ithaque je me suis construit.

Beaubourg n'avait pas dix ans. Notre connaissance de l'art moderne se limitait à Picasso et Kandinski. Le voyage à New York était encore un rêve inaccessible et on ne nous avait rien montré à l'école. J'aimais Nicolas de Staël et mon père connaissait Balthus. Pour ma part, je ne connaissais rien encore mais je désirais tout voir. Bordeaux, avec son CAPC voulu par Jacques et Micheline Chaban-Delmas et animé par le génial Jean-Louis Froment m'avait pourtant montré la voie... Mais c'est Peggy Guggenheim qui m'apporta avec ses collections, tout ce qui m'était nécessaire pour comprendre l'art moderne puis l'aimer. Rien à voir avec les œuvres-investissements de Pineau qu'il montre dans les magazzini de la Dogana ou au Palais Grassi. Dans les années 80, la Collection Guggenheim était entre les mains d'un couple d'anglais charmants qui avaient travaillé avec la milliardaire. Sa présence se faisait encore sentir dans la maison et il y avait peu de visiteurs. Le célèbre Angelo della Città de Marino Marini était déjà à sa place au bord du grand canal. Et Magritte, Picasso, Kandinski, Brancusi, Dali, Pollock et Calder, mais aussi les italiens (vénitiens) Lucio Fontana, Santomaso et Emilio Vedova que j'aurai plus tard la chance de rencontrer à plusieurs reprises... Je les ai tous découvert là, dans les salles de ce palais jamais achevé. J'ai conservé le ticket de ma première visite. On rentrait gratuitement alors. Il est collé sur une page de l'un de mes carnets de voyage. C'était en 1979, avec mes parents. Peggy était encore vivante.
à suivre...

4 avril 2015

Ettore Tito, un napolitain séduit par la lumière de Venise

Né à Castellamare di Stabia, près de Naples, en 1859, Ettore Tito mourra à Venise en 1941. Il repose dans l'église des Scalzi, près de la Ferrovia. Entré très jeune à l'école des beaux-Arts de Venise, il aime à dessiner la vie quotidienne de la Sérénissime, ses petites gens, ses anecdotes. Peintre de cette école "vériste" dont le plus célèbre représentant est le vénitien Giacomo Favretto, son condisciple à l'Accademia. Cette école naturaliste qui ne cherche pas à embellir la réalité mais rend poétique les petits riens d'une vie devenue souvent difficile depuis la chute de la république et la ruine de la ville. 



28 mars 2015

Avec l'âge qui vient...

Ce dessin de mon amie Violaine Laveaux, réalisé sur le vif par un après-midi de l'été 84 ou 85, dans la galerie de Bobo Ferruzzi à san Vio (l'actuelle boutique de la Guggenheim) me remet en mémoire ce joli sonnet du poète chinois Zhu Dunru, éminent poète qui vivait à la fin de la dynastie Song et que j'ai redécouvert en feuilletant la magnifique anthologie de la poésie chinoise que vient d'éditer Gallimard dans la collection de La Pléiade :
"Ce qui me plaît avec l'âge qui vient :
Avoir parcouru tout le monde des hommes,
Être le familier des choses hors des choses,
Voir qu'à travers le vide,
Océans de chagrin, montagnes de tristesse,
en un instant sont froissés et réduits en miettes.
Si j'évite l'égarement des fleurs
Ou la lassitude des alcools,
En tout lieu alerte et lucide,
Je trouverai, rassasié, un endroit où dormir,
Puis au réveil, une scène où jouer ma partie. [...] "
Celle qui allait devenir ma femme et la mère de mes quatre magnifiques enfants était à Venise pour quelques jours. Je me souviens de cette robe bayadère dont les couleurs se mariaient parfaitement avec celles qu'affectionnait Bobo. Celui-ci, dans sa grande gentillesse, m'avait installé un bureau dans la salle du fond, voûtée et tranquille qui ouvrait sur le jardin du musée. 

Une grande toile représentant les Schiavoni ou le petit port de plaisance de San Giorgio, je ne sais plus, ornait la paroi. Deux vieux fauteuils recouverts de toile peinte à la main par Bobo, une grande table en bois sombre au milieu de la pièce, une vitrine pour exposer les céramiques - peu connues du Maître - et quelques petits formats, et mon bureau. 

Combien j'aimais ce bureau, une table haute-époque avec sa chaise de la même époque en bois ciré, un coussin recouvert d'un velours frappé de chez Norelène, la fabrique de tissus de Nora et Hélène Ferruzzi. Une étagère pour mes livres, un vieux coffre vénitien... Le meilleur des endroits pour écrire en attendant les clients. Ils étaient assez nombreux, les mois d'été notamment. Des français, des américains et surtout des anglais.

Je revois très bien cette journée. Marido et Violaine étaient restées avec moi à la galerie. Nous écoutions Alfred Deller chanter des airs de Purcell. Il faisait chaud dehors, mais les murs épais de la galerie préservaient de la chaleur. La lumière était très belle. Violaine dessinait, Marido lisait. J'écrivais. L'atmosphère était paisible. Nous étions invités le soir chez Roger de Montebello, dans les jardins du palais. Les Decazes n'étaient pas encore revenus. Il était seul dans la grande demeure avec sa cousine Laure de Sabran. Agnès, la fille du consul devait passer nous prendre au passage avec un de ses amis vénitiens. Il y aurait Rebecca, et Pippo, notre bande. Je n'ai pas de souvenirs précis de la soirée. Seulement quelques bribes. Marido fatiguée que j'avais trop fait cheminer dans toute la ville, les senteurs du jardin, le silence du Canalazzo vers minuit, une dernière promenade à la pointe de la douane, notre retour calle Navarro... 

La fougue et la densité de ma vie d'alors résonne comme le contrepoint des vers du poète chinois. La vie comme une partition... Allegro moderato... Vivace... Con moto...

25 mars 2015

Visions de Venise (1)

Palazzo Van Axel - photographie de 1980 - © Lorenzo Cittone
"Lorsque chacun de mes jours se déroulait dans l'un des plus beaux décors urbains du monde, je finissais par ne plus voir cet environnement unique.Je vivais à Venise comme on vit n'importe où ailleurs. pourtant à chacun de mes retours en France,la cité des doges me suivait,quelque chose me hantait quand je m'en éloignais et je ne songeais qu'à rentrer pour me replonger dans cet univers unique, ce monde imprégné des parfums anciens d'un monde où les miens vécurent et qui doit couler dans mes veines." 
J'avais un peu plus de vingt ans quand j'écrivais ces lignes dans mon journal. Maladroites, elles expriment un sentiment qui ne m'a jamais quitté. C'est peut-être pour cela qu'inconsciemment je m'empêche de retourner sur la lagune plus souvent. L'idée de devoir en repartir m'attriste avant même que d'être arrivé à Venise. Pourtant je sais que ma vie est là-bas. Ou bien n'est-ce qu'un fantasme qui aurait survécu aux désirs et aux rêves de ma jeunesse vénitienne ? A l'âge où j'arrive, cette vie vénitienne justement, occupe peu de place sur l'échelle de mes jours. Quatre ou cinq ans tout au plus, moins qu'un dixième des années vécues jusqu’à maintenant... Mais si la nostalgie pointe son nez froid, c'est la joie et le bonheur de ce que j'ai vécu qui l'emporte dans mon cœur. Même éloigné d'elle physiquement, elle est tout en moi toujours. C'est ce qui me permet de continuer à nourrir ces pages et me fait avancer aussi.

à suivre...


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